3 mai 2007
Clin d'oeil à Rimbeau et à "Mousse", ce rondeau est part d'un poème de plus grande envergure, que l'on me permettra, pour encore un long temps, de garder secret. Sachons simplement que les deux
vers précédents sont :
Si j'en avais le choix je cracherais un rire
Et je flamberais d'or au gré des mers qui saignent.
Je roule les flots blancs de mousse
Que m'offre la mer enrosée,
Gardée des furies brunes. J'ose
Les soirs des luttes apaisées.
Sur mon radeau où se trémoussent
Les gouttes d'eau apprivoisées
Je compte les vagues plissées,
Je roule les flots blancs de mousse.
J'ai ri, ma bedaine était grosse
Des myriades traversées.
Doré au ciel de mon carosse,
Je roule les flots blancs de mousse
Que m'offre la mer enrosée.
Sous licence Creative Commons by-nc-nd 2.0
Par francois delhaye
4
6 janvier 2007.
Un poème aux relents déistes, croyance que je ne saurais qu'embrasser, si j'étais un être religieux.
L'ermite évoluait, bercé par la prairie,
Dans le vent violent qui caressait la plaine.
Et son ventre était vide et sa besace pleine
De registres pieux et de bondieuseries.
Sur l'étendue ravie du sentiment céleste
S'élançait le monial dans le vent princier,
Et son sac abondant, son visage émacié
Et son estomac creux cheminaient d'un pas leste.
Oh comme il était beau, l'ascète aux dents jaunies !
Dans ses yeux égarés, perdus dans l'agonie
Des campagnes d'autour qui semblaient chavirer,
Se lisait le cachet de Dieu le tout-puissant ;
Mais l'horizon obtus et le vent caressant
Paraissaient le soustraire aux oukases sacrés.
Sous licence Creative Commons by-nc-nd 2.0
Par francois delhaye
0
24 janvier 2007.
Le vent m'est certainement, toutes proportions gardées, ce que la lune fut à Laforgue. Sensuel, omniprésent, détracteur et fondateur bienfaisant du monde, il inonde et transforme, glace et réchauffe à sa guise capricieuse.
Oh Tout ton corps figé était mis d'érythèmes,
A travers ta peau vierge on pouvait voir tes os.
Un vent frais s'ingéniait à geler ton museau,
Et de couleur de pluie, le temps tapait les brèmes.
Il ronronnait, le vent, du plaisir de t'avoir.
Toi, pantoise, encor vive allumais ses baisers.
Tu blâmais son
embrace à la cendre irisé,
Et sur les champs brûlés tes yeux ne pouvaient voir.
Le muguet du printemps n'éclorait ses boutons
Sur la plaine équarrie, sciée comme un béton.
Tu, plantée, n'écoutais que ton coeur dystrophique,
Par ta poitrine ailée ceint comme un padischah.
Devant toi le plancher grimé de galuchat
Promettait la chaleur de tes pleurs magnifiques.
Sous licence Creative Commons by-nc-nd 2.0
Par francois delhaye
0
Commentaires Récents